Hamlet ( ou presque) ( Avignon Off 2026)

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Marie-Anne Favreau et Valerio Zaina ne se cachent derrière aucun nom de compagnie pour présenter Hamlet (ou presque)au Théâtre le Castelet, ils en sont les auteurs, les interprètes et les seuls artisans, une démarche entièrement autoproduite qu’ils revendiquent avec fierté, texte et mise en scène conçus de bout en bout par leurs soins, sans le moindre détour par l’intelligence artificielle. Une authenticité de fabrication qui donne d’emblée le ton de cette bouffonnade aussi libre qu’assumée.

Le pitch nous plonge dans un futur, ou un passé, difficile à situer précisément, au sein d’un monde dévasté par un désastre écologique, économique ou politique. Deux vagabonds y survivent en vendant la seule chose qui leur reste, une histoire. Une manière originale d’échapper au vol et aux dangers d’un environnement devenu hostile. Leur équilibre précaire bascule lorsqu’un homme riche et bien vêtu leur propose un contrat inattendu, jouer un spectacle spécialement écrit pour son oncle, dans son palais. Un dilemme cornélien s’impose alors à des personnages qui n’ont plus rien à perdre, et qui, sans le savoir, s’apprêtent à rejouer les erreurs éternelles de l’humanité.

Le duo formé par Marie-Anne Favreau et Valerio Zaina porte l’intégralité de cette création sur ses épaules, et c’est bien là que réside la prouesse. Deux interprètes seulement pour endosser cette bouffonnade shakespearienne, avec l’énergie et la complicité nécessaires pour faire vivre un monde entier, ses vagabonds, son riche mécène, et l’ombre du prince danois qui plane sur toute l’intrigue.

La mise en scène s’appuie sur un dispositif volontairement resserré, presque dépouillé, qui colle parfaitement à l’univers post-apocalyptique du récit. Ce parti pris minimaliste laisse toute la place à l’inventivité des deux artistes pour faire exister, avec très peu de moyens, un monde dévasté aussi bien qu’un palais somptueux, dans une veine bouffonne qui n’exclut jamais la gravité du propos. Il faut rester concentré sur prés de 1h 30 pour comprendre les changements de personnages et la densité des informations reçues.

La dimension musicale, clairement affichée dans le titre même du spectacle, vient enrichir cette expérience théâtrale et accompagner les glissements de ton entre farce et fable politique, entre rire et inquiétude face à la répétition sans fin des erreurs humaines.

Voila une relecture décalée et furieusement actuelle du mythe d’Hamlet qui tient beaucoup au duo de comédiens qui la portent …

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