Chang et la Lune ( Avignon Off 2026)

Posted on Posted in Festival d' Avignon

Avec ce conte le collectif Le Manège brouille les frontières entre les disciplines, au Théâtre du Rempart dans le cadre du Festival Off d’Avignon 2026. Cette première création du mêle danse, chant, musique live, vidéomapping et théâtre pour offrir des expériences immersives et sensorielles, portées par un langage scénique hybride et poétique qui n’a pas mis longtemps à trouver son public, après un joli succès dès l’édition 2025 du Off puis une série de représentations parisiennes remarquées.

L’intrigue puise dans un mythe chinois vieux de plus de deux mille trois cents ans pour le faire résonner avec notre époque, celle d’un monde obsédé par l’immortalité et l’éternelle jeunesse. Chang’E, déesse de la Lune, se retrouve coincée sur Terre après avoir suivi Houyi, l’astronaute dont elle est tombée amoureuse. Devenue objet de fascination, presque un rat de laboratoire aux yeux des humains, elle finit par s’échapper et entame un long voyage vers le mont Kunlun pour retrouver son foyer lunaire. Sur sa route, elle croise des créatures et des personnages aussi étranges que drôles, chacun révélant une manière bien à lui de vivre, ou de fuir, le temps qui passe, jusqu’à affronter le terrible empereur Yao qui la traque sans relâche.

Écrite par Clara Saadoun et mise en scène par Sarah Zaher, la pièce réunit sur le plateau Gabriel Bizi, Baudouin Sama, Clara Saadoun et Emma Varichon, dont l’incarnation du personnage central donne au récit toute sa dimension émotionnelle. Le jeu des acteurs navigue avec aisance entre gravité et légèreté, entre onirisme et humour, sans jamais verser dans le pathos ni la démonstration. On s’attache autant qu’on se méfie de certains personnages, et cette ambivalence, portée avec beaucoup de justesse, est précisément ce qui rend l’expérience aussi vivante.

La mise en scène de Sarah Zaher construit un véritable pont entre notre planète et l’astre lunaire, en s’appuyant sur des animations visuelles et un vidéomapping qui viennent nourrir l’imaginaire du conte sans jamais l’écraser sous la technologie. Le spectacle est souvent rapproché des univers de Miyazaki et d’Alice au pays des merveilles, tant il cultive cette capacité à faire cohabiter le merveilleux et l’inquiétant, la philosophie et le divertissement, dans une même respiration scénique accessible à tous les âges, de sept à soixante-dix-sept ans.

La musique live occupe une place centrale dans cette fable moderne, elle accompagne les métamorphoses du récit, souligne les ruptures de ton entre les mondes traversés, et participe pleinement à cette sensation d’émerveillement continu , elle gagnerait parfois à se faire plus discrète..

Voila un spectacle qui rappelle à quel point le théâtre peut nous faire voyager et redécouvrir des mythes exotiques

/https://collectif-lemanege.com/

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *