POP YOGA de Pacôme THIELLEMENT Sonatine Oct 2013

Posted on Posted in Arts sacrés

La culture pop est elle initiatique ? Cette question étrange traverse le recueil de 42 articles de Pacôme Thiellement:on y trouvera des exégèses des grands musiciens de rock (les Beatles, les Beach Boys, Dylan, Bowie, Gainsbourg, Joy Division, les Residents), mais aussi des évocations de grands écrivains de l’impossible (Pynchon, Lowry, Jarry, Joyce), plusieurs enquêtes subjectives sur des cinéastes démonologiques (Roman Polanski, Lars von Trier, Kiyoshi Kurosawa), des séries théophaniques (Buffy contre les Vampires, Lost) et des dessinateurs de bande dessinée électriques (Fred, Killoffer), enfin, des fragments poétiques sur Marilyn Monroe, une conférence sur les bandes magnétiques inversées, deux explorations de l’hypothèse extraterrestre, un adieu à Amy Winehouse.

L’auteur analyse cette culure pop au fil de la tradition gnostique ( Guénon , Abellio , Corbin )

au risque de mettre sur le même plan des choses qui n’ont pas la même valeur .

Ce monde ne serait qu’une copie chutée d’un monde sans ombre , l’art et la pop témoigneraient parfois de cette prise de conscience et donneraient des pistes de salut.

Beaucoup d’ artistes évoqués ici ( Polanski , Lars Von Trier Lynch , Nirvana ) ont été fascinés par le monde des ténèbres et l’ ont plus révélé que transfiguré … Ils en ont souvent payé le prix ( voir la vie de Polanski ) La conscience de la chute dans le bourbier les habite mais leur œuvre ne donne guère de piste de salut ( hormis peut être Inland empire de Lynch mais trop hermétique pour être compris du grand public )

La lecture de Lost selon deux axes ( exil occidental de Soravardi et pôle d ‘orientation de Guénon ) est très pertinente et éclaire la grande série gnostique de ces dernières années.

Au niveau musical le tableau est plus sombre : l’ auteur constate la fin du destin collectif de la musique aux mains des marchands symbolisée par le sacrifice suicide de K Cobain .

Au final Pacôme dresse ici un tableau complexe de l’ aventure de la conscience :il revisite le mythe de la Caverne : le pop art vient de l’ obscurité et remonte vers la lumière

( cf les residents beatles anonymes cultes chant de ralliement des exilés )

Il utilise aussi les réseaux sociaux pour organiser des happenings poétiques et festifs mais n’est pas dupe du fait qu’ils nous renvoient à notre ultramoderne solitude …

Finissons sur la plus belle question posée par ces études:notre fascination pour les Stars serait elle la recherche extérieure de notre intériorité perdue ? Notre solitude n’est elle pas le signe qu’ il faut se retourner vers notre centre et partir comme le Jung du livre Rouge en quête de notre âme ?

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *