au Théâtre de l’Oriflamme
Je ne sais pas si le Théâtre doit indigner…Mais je suis sûr qu’il doit interroger et rapprocher.
Ce très beau texte de Jean-Luc Voulfow mis en scène par Gilbert Pascal, évoque la passion torride de l’actrice Arletty pour un bel officier allemand lors de la seconde guerre mondiale.
Arletty ne s’est pas particulièrement cachée, et cela lui a été reproché à la Libération.
Un jeune journaliste, en 1970 – soit bien plus tard – vient l’interroger et Arletty, comme toujours, est franche du collier.
Mais elle possède ses douleurs secrètes et une certaine forme de fidélité.
L’entretien, sarcastique et violent, va révéler une part de lumière dans chaque cœur.
Cela dit : comment peut-on être indifférent aux drames de notre époque.
Et surtout, comment y survivre ?
Bien sûr, il y a la sécurité, le confort, l’argent, les petits fours, la considération de ses pairs, et sa peau, on y tient…
«L’Empire des sens» est souvent un remède à l’angoisse et l’amour nous élève au-dessus de la morale, mais pas de tout.
Dans cette pièce, émotions et souvenirs finissent par faire un, tandis que s’éclaire, mystérieusement, le cœur du spectateur.
Béatrice Constantini (Arletty) et Damien Bennetot (le jeune journaliste) sont plus vrais que nature.
Et vous, dans son cas, qu’auriez-vous fait ?
Pour Ultrazone TV
Patrick LEROND