Cannes 2013 : état des critiques

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Voila mes favoris dans les 3 principales sections du Festival

Semaine de la Critique

Salvo France Italie 2013 1h47 réalisateurs et scénaristes Fabio Grassadonia & Antonio Piazza
interprètes : Saleh Bakri, Sara Serraiocco ,Luigi Lo Cascio

Salvo est un tueur de la mafia sicilienne, solitaire, froid, impitoyable. Lorsqu’il s’introduit dans une maison pour éliminer un homme, il découvre Rita. La jeune fille est aveugle et assiste impuissante à l’assassinat de son frère. Salvo essaie de fermer ses yeux dérangeants, qui le fixent sans le voir. Quelque chose d’impossible se produit. Rita voit pour la première fois. Salvo décide alors de lui laisser la vie sauve. Désormais, hantés l’un et l’autre par le monde auquel ils appartiennent, ils sont liés à jamais. ..

Un beau film qui détourne les lois du genre , peu de mots beaucoup de symboles dont le nom du héros en quéte de rédemption : l’aveugle n’est pas celui qu’on croit : au terme de sa descente aux enfers le tueur trouvera son anima et le sens d’une vie jusqu’alors au service de la vendetta.

Quinzaine des Réalisateurs : le grand retour de JODO

La Danse de la réalité d’ Alejandro Jodorowsky ( 1h50)

« M’étant séparé de mon moi illusoire, j’ai cherché désespérément un sentier et un sens pour la vie. » Cette phrase définit parfaitement le projet biographique d’Alexandro Jodorowsky : restituer l’incroyable aventure et quête que fut sa vie. Le film est un exercice d’autobiographie imaginaire. Né au Chili en 1929, dans la petite ville de Tocopilla, où le film a été tourné, Alejandro Jodorowsky fut confronté à une éducation très dure et violente, au sein d’une famille déracinée. Bien que les faits et les personnages soient réels, la fiction dépasse la réalité dans un univers poétique où le réalisateur réinvente sa famille et notamment le parcours de son père jusqu’à la rédemption.

Film hommage à un père démiurge ce film est l’ adaptation partielle du roman publié en 2001 .C’est une thérapie familiale universelle qui nous touche au plus profond malgré ses excés . D’abord centré sur l’ initiation au monde du jeune Jodo à travers des personnages emblématiques ( reine des coupes, handicapés , Théosophe ) le film bifurque à mi parcours sur le chemin de rédemption quasi christique du père de l’ auteur ( joué ici par son fils Brontis ) : les idéologies marxistes et fascistes sont renvoyées dos à dos pour nous sensibiliser à la voie de l’ Eveil de l’ âme divine qui sommeillerait en chacun . Jodo signe ici son film le plus accessible mélant psychogénéalogie et psychomagie avec beaucoup de compassion pour ses personnages.

Jodorowsky’s Dune de Franck Pavich ( 1h23)

Ce documentaire tourné entre la France, l’Angleterre, la Suisse et les États-Unis raconte la tentative d’adaptation don quichottesque du roman de science fiction Dune par le réalisateur Alejandro Jodorowsky (El Topo, La Montagne sacrée, Santa Sangre) en 1974.
Après 2 ans et des millions de dollars de dépenses, ce projet pharaonique tomba finalement à l’eau. Cependant les artistes réunis par Jodorowski autour de ce projet légendaire continuèrent à travailler ensemble. Ce groupe, ces « guerriers » comme les a surnommés Jodorowski, a défini la science fiction dans le cinéma moderne en oeuvrant sur des films tels qu’Alien, Blade Runner, La Guerre des étoiles ou encore Total Recall.

Ce documentaire habile met en avant l’ objectif utopique de Jodo qui avait choisi Dune pour faire de Paul Atréide l’ Archétype de l’ homme nouveau du Verseau : l’ homme âme esprit qui est en latence au fond de chaque être humain . La rencontre avec Jean Giraud – dont on voit ici le synopsis animé en 3D – fut décisive et créative : malgré l’ échec du projet elle donnera lieu à la série BD de l’ Incal hautement symbolique et initiatique . La réalisation est très pédagogique et nous fait presque entrevoir cette œuvre d’ art totale qu’ aurait pu être Dune.

Compétition Officielle

Michael Kohlhaas de Arnaud Des Pallièresavec Mads Mikellsen , Bruno Ganz , Sergi Lopez ..

Au XVIe siècle, quelque part dans les Cévennes, Michael Kohlhaas, un prospère marchand de chevaux mène une vie familiale aisée et heureuse. Victime d’une injustice, cet homme pieux et intègre lève une armée et met les villes à sac pour rétablir son droit.Il s’agit de la deuxième adaptation du roman d’Heinrich von Kleist après Michael Kohlhaas de Volker Schlöndorff en 1969. Alors qu’il crée ce film, Arnaud des Pallières est un réalisateur confidentiel dont les mises en scène tournent souvent à l’expérimental. Il a pourtant acquis une solide réputation dans le cinéma d’auteur ce qui lui permet d’attirer des acteurs comme Mads Mikkelsen ou Denis Lavant.Il réussit une fresque médiévale habitée pleine de bruit et de fureur mais aussi d’introspection sur le thème de la justice et du droit naturel .Histoire aussi d’un chevalier confronté avec son ombre et son idéal de Justice dans un monde corrompu ce film à un portée universelle.

Cette année rencontre avec des critiques et sujet sur le prix de la critique internationale (FIPRESCI)

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