…Et maintenant on l’appelle El Magnifico : l’homme de l’Est …

Posted on Posted in sorties DVD

/Rééditée par Bubbel Pop Editions, cette pépite méconnue d’Enzo Barboni refait surface en Blu-ray et mérite amplement sa seconde chance. Loin d’être un simple ersatz des aventures de Trinita, ce western comique assume son identité propre avec charme et malice.

Terence Hill y incarne Sir Thomas Fitzpatrick Philip Moore, un gentleman britannique raffiné qui débarque dans l’Ouest sauvage, préférant la poésie aux revolvers et la bicyclette au cheval , un an plus tard il tournera le classique « Mon nom est personne » ou il fera encore évoluer son personnage de cow boy farfelu et décalé .

Et c’est précisément ce décalage qui fait mouche ! Hill y déploie tout son talent comique sans être cantonné à son rôle habituel face à Bud Spencer. Il se réinvente avec talent et malice.

Le parcours initiatique de Thomas, qui évolue d’un citadin à un cowboy accompli en un mois  offre une trame narrative simple mais efficace, parfaite pour ce type de comédie légère. On s’attache à ce dandy aux manières exquises qui apprivoise progressivement le Far West sans renier sa sophistication

Fait rare dans le monde du spaghetti western : personne ne meurt. Enzo Barboni signe un film pacifique, presque candide, loin des fusillades sanglantes et des duels tragiques du genre:les scènes de combat ne se prennent jamais au sérieux, frôlant parfois les bagarres de clowns de cirque, y compris lors du grand final  Plutôt que d’y voir un défaut, reconnaissons-y une volonté assumée de divertir sans brutalité. Le film cultive une innocence désarmante, presque burlesque, qui évoque l’esprit des comédies muettes et a un côté fleur bleue assumé dans son traitement de l’histoire d’amour.

Le film offre de beaux paysages, une photographie ensoleillée signée Giordani, et une bande originale entraînante des frères De Angelis, typique de l’époque : elle donne un aspect élégiaque et gai à ce voyage de l’ouest à l’est qui finit devant l’océan et qui l’air de rien montre la fin du far west et de ses cow boys hors la loi.

Ces qualités techniques hissent El Magnifico au niveau des meilleures productions du genre. La réalisation soignée de Barboni prouve son savoir-faire, tandis que le charisme naturel de Terence Hill illumine chaque scène.

Le contraste entre l’aristocrate lettré et les cowboys rustres génère des situations cocasses qui, certes, ne révolutionnent pas la comédie, mais procurent un plaisir simple et sans prétention. On sourit souvent devant l’humour bon enfant qui traverse le récit et c’est exactement ce qu’on attend d’un tel divertissement.

L’échec commercial de 1972 stoppa net l’envie du réalisateur Enzo Barboni d’insister dans le genre western  mais le temps a fait son œuvre. 

L’édition Bubbel Pop, avec son livret de 28 pages et ses bonus documentaires, rend enfin justice à ce film attachant.avec deux commentaires érdudits de spécialistes dont Jean François Rauger spécialiste du Cinéma Bis à la cinémathèque Française.

On apprécie de redécouvrir un Terence Hill joueur et espiègle, dans un western qui ose la douceur avec un zeste de poèsie. Sans être un classique du Western  El Magnifico apparaît comme une œuvre sincère, un western familial avant l’heure, parfait pour une séance détente.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *