Après l’adaptation fort réussie de Georges Bess Glénat nous offre une nouvelle version ce ce mythe fondateur de note modernité.
Voilà donc le deuxième volet de la série « Les classiques de l’horreur », où les plus grandes œuvres de la littérature gothique trouvent un souffle nouveau. Après Dracula, c’est au tour de Frankenstein ou le Prométhée moderne, le chef-d’œuvre de Mary Shelley datant du XIXe siècle. La relation entre le scientifique Victor Frankenstein et le soi-disant « monstre » est devenue un mythe archétypal de la relation trouble entre le créateur et sa créature : il y est question de de sujets tels que la confrontation de l’homme avec Dieu et interroge les limites rationnelles du progrès scientifique
À scénario Marco Cannavò développe une relecture originale et audacieuse du roman en lui donnant un côté de métaphore biblique , l’intrigue bien connue se déroule inexorablement avec son lot de meurtres mais aussi de temps suspendu qui fond du monstre un être plus humain que celui qui l’a engendré , mention spéciale pour la scène finale dans une église
On apprécie le dessin au lavis noir & blanc d’une grande beauté de l’italien Corrado Roi qui donne à l’histoire un aspect glacé et intemporel , il a déjà illustré avec talent les séries fantastiques Natan Never et Martin Mystère.
Une belle médiation toujours nécessaire sur le désir de filiation et d’immortalité toujours d’actualité en cette période ou les prophètes du transhumanisme ( tel Harari et son surestimé Homo Deus) séduisent les incultes…
La relecture de l’oeuvre et de la découverte de la BD est plus que salutaire , un copieux appareil critique donne envie de se replonger dans une riche filmographie que Guilermo del Tor ova bientôt parachever ( sur Netfilx….
https://www.glenat.com/hors-collection-glenat-bd/frankenstein-au-nom-du-pere-9782344068168