Jacques Rozier : l’art de la navigation

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Voilà un curieux cinéaste qui se disait un peu marin et un peu cuisinier ; avec seulement 4 longs métrages à son actif il a laissé une trace marquante dans le cinéma français 

Marqué par le néo réalisme Italien Rozier a l’amour des acteurs et de leur direction : leur laissant une belle part d’improvisation .Influencé par le Godard d’A bout de souffle Rozier se lance dans un premier long ( Adieu Philippine ) en 1960 et sera considéré comme un des pères de la Nouvelle Vague.

Le coffret permet de redécouvrir toute la palette de ce réalisateur aussi à l’aise au théâtre qu’à la télévision que dans des documentaires.

Bizarrement Rozier arrive à un certain fantastique en faisant durer les scènes issues de la vie quotidienne : il mélange documentaire et fiction avec le moins d’ellipses possibles en cherchant au coeur du quotidien une utopie dont la réalisation sera plus qu’hasardeuse…

Cet héritier de Pagnol a travaillé à son rythme il laisse un beau sentiment de liberté et a su naviguer sans se compromettre dans les eaux troubles de l’industrie cinématographique 

Ce coffret propose, dans de superbes versions restaurées, les quatre longs métrages de Jacques Rozier sortis en salle. 

Adieu Philippine (1962) : 
Michel, jeune opérateur de télévision, noue une relation amoureuse avec deux aspirantes actrices, Liliane et Juliette. Ils partent en vacances en Corse, mais leur triangle amoureux est menacé lorsque Michel est appelé au service militaire.

– Du côté d’Orouët (1971) : 
Trois jeunes femmes parisiennes cherchent à fuir leurs soucis alors qu’elles embarquent pour une escapade estivale en bord de mer. Une agréable petite maison, une vaste plage déserte et, au milieu de tout cela, Joëlle, Karine et Caroline, pleines d’enthousiasme et de vitalité. Chaque jour apporte son partage de joies simples et de rires malicieux, ainsi que de surprises délicieuses et sans prétention.

– Les Naufragés de l’île de la Tortue (1976) : 
Jean-Arthur, employé d’une agence de voyages, imagine une expérience « à la Robinson Crusoé » dans les Antilles, où les clients doivent survivre sur une île déserte. Il entreprend un voyage vers l’île pour préparer l’arrivée des touristes.

– Maine Océan (1986) : 
Dejanira, une jeune Brésilienne, est confrontée à deux contrôleurs méticuleux à bord du Maine Océan, un train reliant Paris à l’océan Atlantique. Cette situation compliquée prend une tournure inattendue lorsque Mimi, avocate dynamique en route pour un procès, intervient pour lui donner un coup de main. Fermer

Il propose aussi des courts métrages et des émissions de télévision.

Leur nombre, leur variété et leur richesse feront mentir ceux qui s’entêtent à croire que l’homme tourna peu. Certains sont passés à la postérité : Blue Jeans et ses déambulations au soleil annonçant l’ivresse d’Adieu Philippine Paparazzi et Le Parti des choses, tous deux réalisés sur le tournage du Mépris de Jean-Luc Godard, si précieux pour mesurer combien le fameux naturel propre à Rozier va de pair avec une fascination pour la technique photographique et cinématographique, ses appareils et ses opérateurs. 

La plupart de ces merveilles restent toutefois peu connues, et certaines sont carrément inédites.

 La Télévision 
« Ni figue ni raisin n°5 », émission télévisée réalisée par Jacques Rozier (inédit, 1965, 46 min)
« Ni figue ni raisin n°8 (de Corinthe) », émission télévisée réalisée par Jacques Rozier (inédit, 1965, 55 min)
« Dim Dam Dom : Le Duel long court », sujet télévisé réalisé par Jacques Rozier (inédit, 1967, 6′)
« Dim Dam Dom : La Mode printemps 1967 », sujet télévisé réalisé par Jacques Rozier (inédit, 1967, 22′)
« Nono Nénesse », pilote d’une série de Jacques Rozier et Pascal Thomas (inédit, 1975, 36′)
« Marketing mix », court métrage pour une émission télévisée de Jacques Rozier (inédit, 1978, 16′)

Ce coffret réserve encore une surprise de taille. Rozier n’a pas réalisé quatre, mais bien cinq longs métrages. Le dernier n’a pas connu de sortie en salle. Ce film qu’on crut longtemps maudit, et qui d’une certaine manière l’est, comme les autres le sont peu ou prou ; ce film dont, éternel insatisfait, Rozier ne cessa de retoucher le montage, au point qu’on pensa qu’il n’en existerait jamais de version définitive et que les rares l’ayant vu osaient à peine le dire ; c’est Fifi Martingale qui se trouve dans le disque  Le Théâtre 
« Fifi Martingale » de Jacques Rozier (restauration 2K, inédit, 2001, 120′)
« Joséphine en tournée », mini-série télévisée de Jacques Rozier (inédit, 1990, 210′)
« Revenez, plaisirs exilés (Alceste) » de Jacques Rozier (inédit, 1991, 77′)

Le Cinéma 
« Cinéastes de notre temps : Jean Vigo », documentaire de Jacques Rozier (1964, 94′)
« Vive le cinéma ! : Jeanne Moreau », émission télévisée réalisée par Jacques Rozier (1972, 67′)
« Lettre de la Sierra Morena » de Jacques Rozier (inédit, 1983, 13′)
« Comment devenir cinéaste sans se prendre la tête ? », court métrage de Jacques Rozier (inédit, 1995, 18′)
« Un caprice de Poséidon », essai filmique inachevé de Jacques Rozier (inédit, 1989, 74′)

On verra avec plaisir le doc que lui a consacré Emmanuel Barnault Jacques Rozier, d’une vague à l’autre » présenté à Cannes Classique et repris en bonus du disque « les Naufragés de l’Ile de la Tortue »

Et enfin on vous invite à lire le livret de 72 pages JACQUES ROZIER LE COrSAIRE écrit par Emmanuel Burdeau qui cite aussi ce cinéaste singulier qu’il est temps de redécouvrir

https://store.potemkine.fr/dvd/3545020090732-jacques-rozier-coffret-jacques-rozier/

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