Voilà un film culte dans la filmographie d’ Elio Petri (1929-1982) il reçu la palme d’Or à Cannes en 1972 et reste dans les mémoires pour la somptueuse musique d’ Ennio Morricone ainsi que par son traitement iconoclaste des problèmes de lutte sociale : Lulù Massa ( joué par Gian Maria Volonté ) est un ouvrier modèle : son rendement est cité en exemple par son patron. Les autres travailleurs ne voient pas d’un bon œil ces cadences infernales, et il est détesté de ses collègues dont il méprise les revendications. Bercé par les rêves de la société de consommation Lulù réalise parfois la vanité de la vie qu’il s’impose. Alors qu’il se coupe un doigt accidentellement, les autres ouvriers, par solidarité, se mettent en grève… La journaliste critique Aurore Renaut donne des pistes pour mesurer l’importance de ce cinéaste peintre des désirs malades de la société italienne : Elio Petri rédige et signe dans la plupart de ses films des réquisitoires féroces contre les sociétés de consommation, accusant ici l’Etat d’envoyer la police pour dégager les syndicalistes et protéger le patron , le ton reste léger comme la BO de Morricone mais le constat implicite est glaçant ..