/Le Journal Tintin est revenu sans Tintin ( même vu par un dessinateur comme pour la franchise Spirou) mais en écho à cette célèbration les éditions Casterman et Moulinsart se sont entendus pour une réédition d’un des albums les plus étonnants de la série : les bijoux de la Castafiore dans sa version des planches du Journal de Tintin ( publication entre 1961vet 1962)
Les originaux de la version originale étaient conservées dans les archives de Tintinimaginatio depuis 60 ans. Restaurés avec soin et minutie, ces documents dit « bleus colorisés » permettent de donner un nouvel éclat au récit des « Bijoux ».
Cette anti aventure fort bien analysée par Benoit Peeters dans les Bijoux Ravis surprend le lecteur non averti : dans cette 21éme « aventure » pas de méchants , ni de voyages autour du monde : l’aventure se concentre sur le château de Moulinsart et ses environs : les principaux protagonistes de la série se retrouvent pour y vivre une véritable comédie classique à huis clos. Hergé s’attache à la difficulté de la communication entre les êtres, et nous offre un « anti-récit » truffé de malentendus et de quiproquos plus cocasses les uns que les autres.
On apprend pas mal de choses dans le dossier qui ouvre l’album :le scénario s’inspire de l’Opéra « la Pie voleuse » de Rossini et du vol des Bijoux de Sophia Loren relaté dans le Paris Match de l’époque. Hergé en panne d’inspiration a du mal à souscrire aux idées de Michel Greg ( le Thermoréro restera à l’ état d’ébauche ) mais il est à l’époque très sensibilisé à la situation des gens du voyage qui campent prés de chez lui : cette empathie humaniste dans la droite ligne de sa vision zen de Tintin au Tibet sera au coeur de l’album qui déconstruit les préjugés habituels ( voir les documents de travail du dessinateur fournis par le père Rupert).
On relira donc avec plaisir cette aventure « immobile » une des plus drôle et profonde de la série des aventures du seul héros de BD qui ne revient pas…