Ce volume de 464 pages, dirigé par Frédéric Bonnaud, directeur de la Cinémathèque française et commissaire de l’exposition, accompagne la grande rétrospective consacrée à Orson Welles du 8 octobre 2025 au 11 janvier 2026.
Il s’agit du premier ouvrage collectif de cette ampleur depuis quarante ans, qui rassemble des textes d’époque (Borges, Sartre, Aragon, Deguy), des entretiens de Welles, des essais de spécialistes reconnus, et des intermèdes inédits. Le catalogue réunit les contributions de spécialistes internationaux, dont des Français, Britanniques, Irlandais, Américains, Italiens, Allemands et Yougoslaves, offrant ainsi une perspective transnationale sur l’œuvre du cinéaste.
L’ouvrage propose une iconographie théâtrale et cinématographique abondante et variée : photographies rares ou non, affiches, dessins, lettres manuscrites. Il contient 160 illustrations, enrichissant considérablement la lecture.
Le catalogue suit un parcours à la fois chronologique et thématique, avec notamment :les débuts au théâtre et à la radio,un long chapitre consacré à Citizen Kane,les déboires avec les studios hollywoodiens,l’aventure européenne de Welles,l’importance de Shakespeare dans son œuvre,les projets inachevés (l’inachevé Don Quichotte, et le dernier film monté par Peter Bodgnanovitch « The Other Side of the Wind »),sa postérité et son influence sur les réalisateurs modernes ( Huston, Truffaut , Godard, Tim Burton ) et aussi sur le 9éme Art ( Peanuts, Rubrique à brac de Gotlib) , on apprécie la qualité des analyses avec une mention spéciale pour celle d’ Esteve Riambau sur le film essai ( dont Vérité et mensoge une de ses dernières œuvres est un curieux manifeste).
Comme tous les ouvrages de La Table Ronde consacrés au cinéma, celui-ci est extrêmement beau, avec une maquette aérée et richement illustrée, et les textes proposés s’avèrent tous passionnants. L’ouvrage ne se contente pas d’être un simple « beau livre » mais propose une réflexion approfondie : on apprécie la couverture sousb jaquette illustrant les multiples facettes de l’acteur réalisateur.
Le catalogue parvient à saisir de manière transversale l’œuvre de Welles et ses nombreuses ramifications, ce qui permet de comprendre la complexité et la multiplicité des facettes de cet artiste. Les témoignages précieux (du maquilleur Maurice Seiderman, du directeur de la photographie Gregg Toland) enrichissent la compréhension du processus créatif. La diversité des contributions offre des éclairages variés et complémentaires.
La reproduction de textes historiques comme ceux de Sartre et Aragon sur Citizen Kane témoigne d’une volonté de contextualisation historique, permettant de comprendre la réception de l’œuvre à différentes époques et de s’interroger sur l’équilibre entre célébration et analyse critique, le génie artistique de Welles est souvent contrebalancé par son inconstance, son impatience, sa désinvolture et ses abandons.
Ce catalogue constitue une référence incontournable sur Orson Welles, alliant qualité éditoriale, richesse iconographique et diversité des approches critiques. Comme l’écrit un critique, le catalogue est « écrit comme un film de Welles » et mérite d’être lu sans attendre. Malgré quelques angles morts (notamment sur la radio), il offre un panorama complet sur l’un des plus grands artistes du XXe siècle et renouvelle notre regard sur une œuvre qui continue de fasciner.
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