Tanis : Le démon de la mer morte

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Après le chaos provoqué par le “feu céleste des dieux” sur les tombeaux d’Atlantis, Tanis se retrouve livrée à elle-même : les figures qui protégeaient ou guidaient le royaume (Sépi, Samudrasen, l’Ancien) sont mortes ou ont disparu. Un petit groupe d’esclaves survit, mais même après avoir goûté à la liberté, ils retombent dans l’esclavage. Tanis, blessée, brisée, semble prête à abandonner. Mais une femme, anciennement asservie par les Aryanas, ne peut accepter ce destin et tente de tirer ce groupe vers un “ailleurs”, un territoire mystérieux où les “maîtres de la mer salée” règnent, où d’autres dieux attendent


Le récit poursuit ce qu’avait amorcé le tome 1 : un monde ancien (10 000 ou 12 000 ans avant notre ère), des références (Atlantis, dieux, mythes), une dynamique héroïque. Ce mélange est séduisant parce qu’il donne à la fois du surnaturel, du mystère, et un terrain de conflit très humain (esclavage, perte, quête de liberté). 
Tanis est moins dans l’innocence, plus exposée à la souffrance, au doute. Le fait qu’elle envisage de se laisser mourir indique une tension intérieure forte. Ce contraste entre la puissance mythique attendue et la vulnérabilité donne de la profondeur. Le personnage secondaire, la femme ex-esclave, sert de contrepoint : volonté, survie, résistance. 
Le dessin de Stéphane Perger, la mise en couleurs, les décors mythologiques, l’idée des dieux endormis, des maîtres de la mer salée — tout cela offre des possibilités puissantes de mise en ambiance. On peut déjà sentir le contraste entre lumière/espoir/perdition, les paysages, la mer, la mer morte comme notion de frontière entre le monde ordinaire et le surnaturel. Ces éléments donnent à la BD ce potentiel immersif nécessaire
Le récit ne se repose pas sur ses lauriers : les morts, le désastre divin, la redescente dans l’esclavage, puis la marche vers l’inconnu. Il y a un “tout changer / tout perdre / repartir” qui donne une tension continue. On sent que le tome 2 a pour tâche de mettre en jeu ce qui avait été mis en place dans le 1, d’élever les enjeux. 
Ce second tome est encore très épique (cataclysmes divins, guerre, marche vers l’inconnu). Le défi sera toujours de garder l’attention sur ce que vivent les personnages individuellement — douleur, déshumanité, sentiment de perte, etc. 

Bien que le label soit “Grand Public / 12+”, le propos reste assez sombre et violent. Il creuse davantage la thématique de la chute — comment on passe de l’espoir, de la puissance divine, à la désolation, et comment on se relève 

L’idée des “maîtres de la mer salée” et des dieux endormis ajoute une dimension presque mystique ou onirique, qui pourrait faire de cette série quelque chose qui dépasse le simple divertissement.

Le fait de montrer le côté “esclavage, survie, espoir de fuite / libération” donne une épaisseur morale : ce n’est pas juste mythes et batailles, mais questions de dignité, de choix, de ce qu’on est prêt à endurer ou à sacrifier.Mon appréciation

Au final « Le démon de la mer morte » est une suite qui a du souffle. Elle confirme que Tanis ne vise pas seulement le spectaculaire, mais cherche à creuser ses personnages et ses idées. Il y a là un vrai potentiel est là pour être une série forte dans le registre mytho-fantastique qui pourrait surfer sur le sucés de la sèrie Alix 

https://www.dupuis.com/tanis/bd/tanis-tome-2-le-demon-de-la-mer-morte/138330

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