Voilà un film étrange étrange sauvage d’un réalisateur amateur de Westerns : en 1973, neuf membres de la garde nationale de Louisiane participent à un exercice militaire dans les marécages et volent des barques aux cajuns pour rejoindre plus rapidement leur point de ralliement. Par provocation, un des soldats tire à blanc sur un habitant des marais mais les cajuns ripostent avec de vraies munitions et tuent le plus haut gradé. Pris en chasse, les soldats tentent de s’échapper à travers des marécages qu’ils ne connaissent pas et avec peu de moyens pour se défendre…
Loin d’être du niveau du Délivrance de John Boorman ( contrairement à ce que prétend la prétentieuse bande annonce) ce film d’action se laisse revoir avec un certain plaisir comme une métaphore de la fracture qui ne cesse de diviser les hommes entre bons et mauvais sauvages :c’est aussi une métaphore de la Guerre du Vietnam que finit par reconnaître le réalisateur dans un entretien en Zoom (en bonus sur le blu ray).
On salue la très belle et lancinante BO de Ry Cooder qui accentue l’aspect tragique de cette quête de survie en territoire ennemi , et qui s’accorde avec les ralentis de l’action.
Film renié par la critique « Sans retour » est devenu culte , son climax et sa fin ambiguë ( voir symbolique ) feront cogiter le spectateur sur les méandres de l’âme humaine prise en éros et thanatos , Hill continue toujours de creuser cette étrange zone d’inconfort ou il n y’a ni bons ni méchants juste des hommes pris au jeu absurde de la guerre et de la vengeance ( voir son dernier western désabusé Dead for a dollar jamais sorti en salle) .
On apprécie les nombreux bonus dont la reprise d’un podcast de l’équipe de la revue et de la chaîne Capture mag avec des entretiens avec réal et acteur principal ( Keith Carradine)…