Une pièce de Jean-Claude Carrière mise en scène de Alexandre TchobanoffAvec Yann Collette, Stéphane Bierry et la participation muette mais, Ô combien évocatrice de Prisca Lona
.Au sortir de la pièce de Jean-Claude Carrière, « le Circuit ordinaire » nous recueillons le témoignage glaçant d’un anonyme prétendant avoir déjà vécu ce genre de situation dans un pays démocratique : « Non, Je n’ai pas été convoqué. J’ai juste reçu une lettre, une circulaire. J’ai demandé une confrontation à mon (ou mes accusateurs) ou un procès, mais vainement « Provoquant cette rencontre et je n’ai eu droit qu’au silence » (Fin de citation)Prenons l’argument du « Circuit ordinaire «. Tout provient de la peur. Le système doit se préserver contre un ennemi.Sans ennemi pas de système ! Effectivement, l’homme n’est rien qu’un tissu d’approximations qui deviennent des mensonges selon celui qui observe. Ces mensonges qui nous accusent, deviennent à leur tour la seule réalité et moyens de pression. Ça débute par une « note blanche », une rumeur par exemple. Toutes ces fictions se multiplient entre elles. Ce sont « des virus de l’esprit » qui nous empoisonnent d’autant plus qu’on ne sait pas qui les a générés. Pour survivre au système, il faut devenir le système. Mortel, regarde autour de toi Et si c’était ton tour, que ferais-tu pour survivre ? Tu te crois libre, peut-être ? Ferme-la et tu auras la paix ! Sommes-nous devenus tellement apathiques qu’il n’est plus nécessaire d’intervention de chars ou de bombes ? Cette belle histoire que les « complotistes » célèbres tels Kafka, Athur Koestler, Kundera, Václav Havel et tant d’autres ont écrit de leur sang, nous est à présent servi sur la très belle scène du « Girasol » grâce à une mise en scène exceptionnelle de Alexandre Tchobanoff. Alexandre Tchobanoff semble apprécier les combats intérieurs, sorte de partie d’échecs de haute voltige que chacun, en tant qu’humanité traverse.Les comédiens, simples ’humains qui s’adaptent pour survivre et transmettre leur patrimoine génétique ou informatif sont parfaitement sinistres. On se prendrait à les aimer.Une dernière chose : dans ce combat pour la survie – comme vous pourrez peut-être le constater- ce n’est pas le plus fort qui l’emporte. C’est celui qui fera taire en lui et au bon moment toute lueur d’humanité. Attention. On ne peut quand même pas tout prévoir car un accident est si vite arrivé…
Pour UltrazoneTv Patrick Lerond