Sam AZULYS « KUBRICK une odyssée philosophique  » La Transparence 2012

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Une vision paradoxale de l’ œuvre d’un cinéaste démiurge.

Docteur en philosophie Sam Azulis se penche sur les films de Stanley Kubrick sous l’angle du nihilisme et du paradoxe . Très jeune il a été marqué par la vision de la scène finale de 2001 qui reste aujourd’hui un de ses films cultes .L’ auteur estime que le cinéaste s’intéresse plus à la question de la dualité humaine que à celle du Mal absolu : les anti héros de ses films sont sans cesse tiraillés entre raison et passion.Il questionne la rapport de Kubrick avec la question du nihilisme ( parcours lié à l’absence de sens de l’ existence et au face à face avec le Néant p 25 ).Sam Azuluys analyse les œuvres de la maturité du cinéaste qu’il classifie en 3 groupes constituant les parties de l’ ouvrage: civilisation et barbarie( nihilisme actif dans Orange mécanique et Docteur Folamour ) le règne de la technique ( nihilisme passif dans 2001 et Full Metal Jacket ) et enfin la destination finale de l’ homme ( nihilisme extatique Shinning et Eyes Wide Shut) . On trouve deux cahiers photos consacrés à chaque dymptique de films mettant en avant leur caractère symétrique.L’auteur pointe de façon pertinente les références au Nazisme dont le mécanisme d’emprise a survécu à le seconde guerre mondiale ( p.12 et s.) Kubrick donne à voir un monde en état de guerre permanent où l’ homme erre comme dans un labyrinthe .Mais paradoxalement l’ auteur questionne dés le début son angle d’attaque ( réducteur selon nous ) Kubrick bien que pessimiste ne saurait se réduire à un nihiliste : il diagnostique de façon lucide l’ état de notre monde . Néanmoins il estime que cette question philosophique est un sous texte valable pour comprendre l’ œuvre , son analyse de chaque film est fort documentée entre cinéphilie et psychologie et philosophie .Il ne voit pas dans Kubrick un gnostique faute d’un vision claire d’un mal absolu et d’une transcendance : le salut serait selon lui uniquement immanent du à la métis ( ruse) des antihéros : l’ homme Kubrickien serait un athée adapté à un monde nihiliste …

Une analyse symbolique des 3 films clef que sont 2001 , Shinning et Eyes Wide Shut donnent selon nous le point de vue inverse ( et complémentaire) : l’oeuvre de Kubrick explicitement pessimiste et nihiliste est implicitement gnostique : on y retrouve les deux natures de l’ homme et du monde gouverné par des démiurges ( hommes ou machines ) : le anti héros parcourt des épreuves dans un monde ( espace, hôtel, nuit ) labyrinthique avant d’ aboutir à une forme de transfiguration symbolique ( fœtus astral , réunion mére fils, réunion animus anima ) .En tout cas ces films expression éclairée de notre inconscient peuvent être vus et revus pour nous faire prendre conscience de notre «  chute » mais aussi de notre possible rédemption …

 

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