En 1972, forts du succès des Bidasses en folie tourné un an plus tôt, les Charlots renouvellent l’aventure avec le réalisateur Claude Zidi. Les Fous du stade, comédie burlesque emplie d’une certaine poésie, remporte un grand succès au box-office. Cette parodie des Jeux Olympiques, véritable marathon du rire à l’esprit keatonien, vient d’être restaurée par Pathé et ressort fin juin 2025 l’histoire est assez simple mais forte visuellement tant les gags burlesques vont s’enchainer:Graveson, un charmant petit village du Midi de la France, avec ses joueurs de pétanque dont l’accent fleure bon la Provence. Quatre amis farfelus en camping sauvage aux abords du village se retrouvent mêlés à l’organisation d’une compétition sportive et doivent faire face à une série de mésaventures rocambolesques…
Peu de dialogues dans ce film burlesque auquel s’ajoutent une touche de poésie et surtout une sacrée dose d’absurde, de non-sens voire de surréalisme. On pense aux films de Keaton bien sûr mais aussi à un certain Jacques Tati. La liberté des Charlots, leur pied de nez à l’autorité, leur camaraderie, leur procrastination élevée au rang de discipline olympique, leur dilettantisme et leur faculté à s’amuser de tout font rêver.
Avant de devenir des comédiens les Charlots étaient avant tout musiciens. Connus sous le nom de groupe Les Problèmes, ils entament leur carrière dans le Rock en 1965. Gérard Rinaldi au chant, Jean Sarrus à la basse, Gérard Filipelli à la guitare, Luis Rego à la guitare rythmique et Donald Rieubon à la batterie assurent les premières parties de toutes les stars des Yéyés, de Françoise Hardy à Claude François en passant par Johnny Hallyday et même les Rolling Stones. Ils connaissent alors un véritable succès en détournant une chanson d’Antoine, « Je dis ce que je pense et je vis comme je veux » et se lancent ainsi dans le chant humoristique. Les Problèmes deviennent Les Charlots, en hommage au personnage de Charlie Chaplin. Désormais chansonniers, ils enchaînent les succès avec des chansons originales ou des parodies de leurs contemporains.
Inspirés par les Beatles et surtout The Monkees, leurs avatars américains, ils ne vont pas tarder à se lancer dans le cinéma, poussés par Christian Fechner, leur jeune manager, qui ne tardera pas à devenir l’un des producteurs les plus prolifiques du cinéma français.
Après avoir été bidasses, les Charlots seront contre toute attente, athlètes. Les JO de Paris de 1976 (jeux totalement fictifs) approchant à grands pas, la flamme olympique doit traverser le village de Graveson, en Provence. C’est ici que les Charlots passent leurs vacances et ne tarderont pas à semer la zizanie à l’approche des festivités.
Grâce au sport, les Charlots excellent dans leurs performances burlesques. Nageurs du 50 mètres nage libre (avec bouée de canard), lanceurs de javelot (dans le public), athlètes de saut à la perche (en restant suspendus vingt mètres au-dessus de la barre), les Charlots enchainent un gag toutes les dix secondes pour le plus grand bonheur des spectateurs.
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